Le garde des Sceaux a reconnu publiquement l’existence de défaillances graves dans la protection de l’enfance. Un projet de loi de refondation est en cours d’examen à l’Assemblée nationale. Le Front Ultramarin prend acte, et rappelle que les familles ultramarines subissent une double peine.
Ce que le ministre a reconnu
Devant l’Assemblée nationale, Gérald Darmanin, garde des Sceaux, a évoqué des « dysfonctionnements extrêmement graves » dans la chaîne de protection de l’enfance, à la suite du prérapport sur la mort de la petite Lyhanna. Le ministre a estimé que ces défaillances tenaient davantage à l’application des procédures existantes qu’à un manque de textes.
En juillet 2026, les députés ont entamé l’examen du projet de loi sur la protection de l’enfance. Le garde des Sceaux l’a présenté comme une « loi pragmatique » destinée à répondre aux dysfonctionnements identifiés par les acteurs de la justice.
Un système décrit « dans le gouffre »
Cette réforme est promise depuis juin 2025. Elle fait suite au rapport de la députée Isabelle Santiago, rapporteure de la commission d’enquête parlementaire sur la protection de l’enfance, qui décrivait un système « dans le gouffre » : manque chronique de moyens, pénurie de professionnels, contrôles insuffisants et parcours instables pour les enfants placés.
Le texte est co-porté par le ministère de la Justice et le ministère de la Santé et des Familles. Un comité stratégique pour la refondation de la politique de protection de l’enfance a été installé en 2026, chargé d’élaborer une stratégie nationale pour la période 2026-2030.
Notre position : la refondation devra passer par les Outre-mer
Le Front Ultramarin prend acte de cette reconnaissance ministérielle. Nous affirmons cependant que cette refondation ne produira aucun effet réel en Guadeloupe, en Martinique et dans l’ensemble des territoires ultramarins si elle ignore nos réalités : éloignement géographique des lieux de placement, pénurie aiguë de professionnels, séparation des fratries, et difficulté considérable pour les familles d’exercer leurs droits face aux services.
C’est précisément le sens de la pétition déposée au Parlement européen par l’association Alliance Caraïbes Souveraine.
Une reconnaissance arrachée par des années de mobilisation
Cette prise de parole ministérielle n’est pas tombée du ciel. Elle est le fruit d’années de mobilisation de familles, de professionnels et de lanceurs d’alerte.
Hinda et Sandra ont porté pendant trois ans la voix des enfants les plus vulnérables et dénoncé sans relâche les dysfonctionnements de l’aide sociale à l’enfance. Leur détermination et leur persévérance ont contribué à faire avancer le débat public.
Le combat pour la justice et la protection de l’enfance continue.
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