Histoire Commune

Front Ultramarin, une histoire commune pour un front commun !

« Nous devons affirmer avec clarté que les Outre‑mer vivent encore aujourd’hui des disparités criantes : accès inégal à l’éducation, à la santé, à l’économie et à une justice équitable. Ces territoires, pourtant piliers de la République, cumulent pauvreté élevée, chômage structurel et coût de la vie prohibitif.

Notre mouvement s’engage à faire entendre la voix des Ultramarins, à transformer la colère en propositions concrètes : renforcer les infrastructures, soutenir la souveraineté alimentaire et énergétique, donner aux jeunes des perspectives réelles d’emploi et de formation, et replacer la dignité au cœur de l’action publique.

« Nous croyons en des territoires d’Outre‑mer libres, responsables et partenaires d’une vision commune des territoires, respectueuse de leur souveraineté, de leur culture et de leur avenir. »

Ce que demandent les peuples des territoires d’outre-mer

Guadeloupe (971)

Martinique (972)

Guyane (973)

La Réunion (974)

St-Pierre-et-Miquelon (975)

Nouvelle-Calédonie

Mayotte

Polynésie Française

Saint-Barthélemy

Saint-Martin

ĂŽles de Wallis & Futuna

1) Revendications communes

Autonomie politique ou indépendance (selon les mouvements et les territoires : certains réclament plus d’autonomie, d’autres l’indépendance).

Reconnaissance historique et mémoire : reconnaissance officielle des souffrances (esclavage, matactivités coloniales), modification des programmes scolaires, commémorations, retrait ou contextualisation de monuments.

Réparations et justices transitionnelles : réparations matérielles et symboliques pour l’esclavage, pour des politiques sanitaires/écologiques dommageables (chlordécone), pour les conséquences des essais nucléaires, etc.

Restitution du patrimoine culturel : retour d’objets, archives ou restes humains pris durant la colonisation.

Droits fonciers et protection des terres/ressources : titres fonciers, contrôle local des ressources (pêche, mines, nickel en Nouvelle-Calédonie).

Égalité réelle et développement socio-économique : lutte contre les inégalités (accès à l’emploi, santé, logement), prix plus élevés, coût de la vie, infrastructures.

Protection environnementale et sanitaire : dépollution, mesures de santé publique (ex. épandages ou polluants historiques), et droit de participer aux décisions environnementales. Ces revendications reviennent dans la plupart des territoires, avec des priorités locales différentes (ex. nickel en NC, essais nucléaires en Polynésie, chlordécone aux Antilles).

2) Grandes étapes historiques et changements institutionnels (sélection chronologique)

Période coloniale & esclavage (du XVIᵉ au XIXᵉ siècle selon les lieux) : mise en place des plantations (Antilles, Réunion), traite et esclavage avec impacts démographiques, sociaux et culturels durables. La mémoire et la revendication des réparations en découlent aujourd’hui.

Abolitions et transformations : 1848 (abolition de l’esclavage dans les colonies françaises) — lourdes conséquences sociales et économiques.

Départementalisation (1946) : certaines colonies deviennent départements d’outre-mer (Guadeloupe, Martinique, Guyane, La Réunion en 1946), modifiant le statut juridique et la relation avec la métropole. Mayotte devient département en 2011 après référendum.

Statuts spécifiques et collectivités : au fil du temps plusieurs statuts différents sont apparus (collectivités d’outre-mer, statut particulier de la Polynésie, Nouvelle-Calédonie avec le Nouméa Accord, etc.). Ces statuts traduisent des degrés variés d’autonomie.

Nouméa Accord (1998) et référendums en Nouvelle-Calédonie (2018, 2020, 2021) : processus encadré pour une décolonisation négociée — trois référendums ont eu lieu, l’indépendance ayant été refusée à chaque fois mais la question reste source de tensions et d’épisodes violents récents.

Loi Taubira (2001) : reconnaissance par la loi française de la traite et de l’esclavage comme crime contre l’humanité (loi dite « Taubira »). Cela a été un jalon mémoriel et juridique majeur pour des revendications de reconnaissance.

3) Exemples d’atteintes graves / dossiers qualifiés (ou contestés) comme crimes, négligences graves ou violations des droits humains

Faits reconnus par la loi ou par des décisions (exemples)

Esclavage & traite reconnus comme crime contre l’humanité : la loi de 21 mai 2001 (loi Taubira) reconnaît la traite et l’esclavage comme crimes contre l’humanité. Cela concerne directement l’histoire des Antilles, de la Réunion, etc.

Essais nucléaires en Polynésie : la France a réalisé des essais nucléaires en Polynésie française (1966–1996). Des lois et mécanismes d’indemnisation ont été mis en place (création d’un comité d’indemnisation, présomptions pour certaines pathologies dans la loi de 2010), et les demandes de reconnaissance/reparations persistent.

Responsabilité étatique reconnue (exemples récents) : pour le polluant chlordécone dans les Antilles (Martinique/Guadeloupe) — plusieurs décisions de justice et d’appel, et des enquêtes, ont reconnu la faute ou la négligence de l’État et ont ouvert la voie à des indemnisations et à des critiques fortes sur la gestion sanitaire et environnementale. (affaires et arrêts 2022–2025).

Événements / politiques dénoncés comme violations graves ou crimes par victimes, ONG ou historiens

Répression et violences en Nouvelle-Calédonie (années 1980, épisode d’Ouvéa 1988) : l’affaire d’Ouvéa (prise d’otages et intervention des forces françaises en 1988) reste une blessure politique et humaine majeure; elle a été largement documentée et questionnée quant aux méthodes employées.

Conditions coloniales et dépossessions structurelles : de nombreux historiens et mouvements locaux parlent de violences structurelles (expropriations, travail forcé, marginalisation) et demandent réparation/reconnaissance — ces débats alimentent les demandes politiques contemporaines. (voir dossiers mémoriels et associations).

4) Les revendications contemporaines tirées de ces faits

Reconnaissance officielle + excuses / mémoire pour des politiques (esclavage, traitements sanitaires), au-delà de la loi Taubira qui reconnaît l’esclavage comme crime contre l’humanité — les demandes portent aussi sur la responsabilité de l’État pour des scandales sanitaires (chlordécone) ou les effets des essais nucléaires.

Réparations économiques et sociales : fonds de réparations, plans de rattrapage, indemnités individuelles et collectives. Ces demandes se multiplient (associations, collectifs, élus locaux).

Autodétermination et nouveaux statuts : en particulier pour la Nouvelle-Calédonie (processus Nouméa) et pour certains mouvements en Polynésie et en outre-mer qui réclament un pouvoir décisionnel élargi.

Dépollution et santé publique : campagnes de dépollution, accès à l’eau, prises en charge sanitaires, surveillance des cancers liés à pesticides ou radiations. Les tribunaux et organes internationaux s’en mêlent (ONG, CEDH/ONU, etc.).

5) Sur la question « crimes contre l’humanité vis-à-vis de ces peuples » — nuance importante

Juridiquement, la loi Taubira (2001) qualifie la traite et l’esclavage commis à partir du XVe siècle comme crimes contre l’humanité en droit français — c’est la reconnaissance la plus nette et ancienne qui concerne directement des populations d’outre-mer.

Pour d’autres événements (répressions, essais nucléaires, scandales sanitaires), la qualification de « crime contre l’humanité » n’a pas systématiquement été retenue par les juridictions françaises ; on trouve plutôt des reconnaissances de faute, de négligence grave, des condamnations civiles/administratives, ou des mécanismes d’indemnisation. En revanche, de nombreuses revendications politiques et mémorielles considèrent ces faits comme des violences d’État comparables — d’où demandes de réparations et de vérités.

6) Quelques jalons juridiques/administratifs Ă  retenir (raccourci)

1848 : abolition de l’esclavage (colonies).
1946 : départementalisation de plusieurs colonies (Guadeloupe, Martinique, Guyane, Réunion).
1998 : Nouméa Accord (NC).
2001 : loi Taubira (esclavage = crime contre l’humanité).
2010 : loi et organes d’indemnisation pour victimes des essais nucléaires (création de la Commission d’indemnisation des victimes des essais nucléaires).
2011 : Mayotte devient département français.
2018/2020/2021 : référendums en Nouvelle-Calédonie.
2022–2025 : jurisprudence et débats importants sur le chlordécone (responsabilité/indemnisation de l’État).

7) Conclusion — synthèse courte

Les revendications communes tournent autour de reconnaissance historique, réparations, autodétermination/plus d’autonomie, justice environnementale/sanitaire, restitution du patrimoine et égalité concrète. Sur les « crimes contre l’humanité », la principale reconnaissance juridique en droit français concerne l’esclavage (loi Taubira, 2001).

Pour d’autres atteintes graves (essais nucléaires, scandales sanitaires, répressions), il y a eu des reconnaissances partielles (responsabilité, indemnisation, lois spécifiques) mais la qualification juridique « crime contre l’humanité » n’est pas homogène : beaucoup de demandes restent en débat politique et judiciaire.

Rejoignez le Front Ultramarin